Arrêt maladie en portage salarial : ce que vous toucherez vraiment en 2026
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Arrêt maladie en portage salarial : ce que vous toucherez vraiment en 2026

Tomber malade quand on travaille à son compte soulève immédiatement une question très concrète : de quoi vivra-t-on pendant l’arrêt ? En portage salarial, la réponse est plus rassurante qu’on ne le croit, mais elle mérite d’être détaillée, surtout depuis que la réforme du plafond des indemnités journalières a changé les règles au printemps 2025. Voici ce que le dispositif garantit réellement, chiffres à l’appui.

Un statut salarié qui ouvre des droits bien réels

Le portage salarial repose sur un principe simple : le consultant signe un contrat de travail avec une société de portage, qui l’emploie en CDI. Même sans mission en cours, ce lien salarial existe et c’est lui qui ouvre accès au régime général de la Sécurité sociale, avec tout ce que cela implique : indemnités journalières, mutuelle et prévoyance obligatoires, assurance chômage. Un travailleur en micro-entreprise, lui, dépend du régime des travailleurs non-salariés, structurellement moins protecteur, sans maintien de salaire employeur ni couverture chômage.

En cas d’arrêt maladie, la société de portage transmet à la CPAM une attestation de salaire, déclenchant ainsi la procédure d’indemnisation. La convention collective de la branche (IDCC 3219) impose par ailleurs une prévoyance obligatoire couvrant l’incapacité temporaire, l’invalidité et le décès. Pour estimer concrètement ce que vous percevriez lors d’un arrêt, une simulation portage salarial permet de projeter ces montants selon votre propre rémunération.

Des indemnités journalières encadrées, et revues à la baisse en 2025

Les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) sont versées à partir du 4ᵉ jour d’arrêt, après un délai de carence de 3 jours. Leur montant correspond à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois, divisée par 91,25. Attention : depuis le décret n°2025-160 du 20 février 2025, en vigueur au 1ᵉʳ avril 2025, le plafond a été abaissé de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel.

En 2026, le maximum est fixé à 41,95 € bruts par jour, contre 53,31 € auparavant. Pour un consultant gagnant 2 000 € bruts par mois, l’IJ s’élève à environ 32,87 €/jour. Pour un cadre à 3 000 € ou plus, le plafond s’applique et limite l’indemnisation à ce maximum. Sur un arrêt d’un mois, un haut revenu peut ainsi perdre environ 300 € par rapport à la situation d’avant la réforme. Les IJ sont également soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), soit 6,7 % de prélèvements sociaux, et restent imposables à l’impôt sur le revenu.

À partir du 31e jour d’arrêt continu, les salariés ayant au moins 3 enfants à charge bénéficient d’une majoration portant l’IJ à 66,66 % du salaire journalier de base, dans les mêmes limites de plafond.

Trois filets de sécurité qui se cumulent

Au-delà des IJ versées par la CPAM, le salarié porté bénéficie d’un maintien de salaire employeur. La loi prévoit 90 % du salaire brut pendant la première tranche (30 jours pour 1 à 5 ans d’ancienneté, davantage ensuite), puis 66,66 % lors de la deuxième tranche. Ce mécanisme s’active à partir du 8ᵉ jour d’arrêt, l’employeur appliquant de son côté un délai de carence de 7 jours. Il faut toutefois noter qu’une ancienneté minimale d’un an est requise : un consultant tout juste entré en portage n’y a pas droit.

La prévoyance complète enfin ce dispositif. Après un délai propre à chaque contrat (souvent 30 jours), elle vient compléter les IJSS pour atteindre un taux de maintien de 70 % à 90 % du salaire de référence, selon les garanties souscrites par la société de portage. Le niveau exact varie d’une structure à l’autre : mieux vaut vérifier les clauses de son contrat avant tout arrêt prolongé.

Résultat, en cas de maladie, le salarié porté cumule trois sources d’indemnisation là où le micro-entrepreneur fait face, seul, à une perte de revenus souvent totale.