Sécurité incendie en ERP et IGH : ce que les gestionnaires doivent vraiment savoir
En 2024, les sapeurs-pompiers français ont recensé 234 702 incendies, soit une baisse de 15 % par rapport à l’année précédente selon la DGSCGC. Un recul encourageant, mais qui ne simplifie en rien les obligations qui pèsent sur les responsables d’Établissements Recevant du Public (ERP) et d’Immeubles de Grande Hauteur (IGH). Entre les mises à jour réglementaires récentes et la tension persistante sur les profils qualifiés, la sécurité incendie reste un dossier exigeant.
Une réglementation en mouvement depuis 2024
Le cadre juridique qui régit la sécurité incendie en France n’est pas figé. L’arrêté du 17 mai 2024, publié au Journal officiel le 23 mai, a modifié les règles applicables aux ERP et aux IGH, notamment en imposant l’utilisation de câbles conformes aux Euroclasses de réaction au feu pour toute nouvelle installation ou travaux significatifs. Concrètement, les anciens câbles PVC ne sont plus autorisés pour les projets neufs. Un arrêté complémentaire du 28 juin 2024 a précisé les exigences de continuité des communications radioélectriques dans les ERP. Plus récemment, un arrêté du 24 juin 2025 est venu renforcer les règles de désenfumage dans les nouvelles constructions ERP et IGH.
Pour accompagner ces évolutions, certains opérateurs spécialisés ont développé une expertise pointue. C’est notamment le cas de cette entreprise réputée, active depuis 1980 et présente dans plus de quinze tours parisiennes, qui déploie des agents SSIAP 1, 2 et 3 dans les ERP et IGH d’Île-de-France.
Les sanctions en cas de non-conformité sont sérieuses : fermeture administrative par arrêté préfectoral, mise en cause pénale en cas de sinistre ayant causé des blessures ou des décès, et responsabilité civile pour les dommages subis. Un établissement dépourvu du service SSIAP requis peut tout simplement se voir retirer son autorisation d’ouverture.
SSIAP, registre, exercices : les obligations concrètes
Un ERP doit disposer d’un système de sécurité incendie (SSI) adapté à sa catégorie, assurer l’entretien régulier des extincteurs, des RIA, des BAES et des détecteurs, et tenir un registre de sécurité à jour. Au moins un exercice d’évacuation par an est imposé, deux pour les sites à risques, chacun devant être consigné dans ce registre.
Dans un IGH, où le plancher du dernier niveau dépasse 28 mètres, les exigences montent encore d’un cran : compartimentage coupe-feu, désenfumage performant, accès dédié aux secours et présence permanente d’agents qualifiés. Un chef de service SSIAP 3 doit superviser l’ensemble du dispositif, appuyé par des SSIAP 2 et des SSIAP 1. Ces derniers assurent les rondes, la surveillance des systèmes d’alarme, l’entretien courant et l’accueil des secours. Les SSIAP 2 coordonnent les équipes et gèrent les interventions. Les SSIAP 3, eux, sont garants du respect de la réglementation et de la coordination avec les autorités.
Une tension structurelle sur les agents qualifiés
Trouver des agents SSIAP disponibles et formés est devenu un vrai défi, particulièrement en Île-de-France. La densité d’ERP dans la région, combinée à l’essor du Grand Paris Express et à ses nouvelles gares et espaces commerciaux, génère une demande que l’offre de formation peine à satisfaire. Le vieillissement des effectifs en poste et les départs non compensés accentuent cette pression. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont encore mis en lumière ce déficit structurel, poussant plusieurs opérateurs à accélérer leur politique de recrutement et de formation interne.
Pour les gestionnaires de sites, cette réalité du marché s’ajoute à la complexité réglementaire. Anticiper, documenter et s’appuyer sur des partenaires expérimentés n’est pas un luxe : c’est souvent la condition pour rester en conformité. Les actualités immobilières donnent régulièrement des repères utiles sur ces enjeux de gestion de patrimoine bâti.
