« Erasmus pour tous » : la folle proposition de M. Macron

Ce lundi 15 juin, le ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuel Macron, intervenait à l’université Paris Dauphine au sujet des questions européennes. Au cours du débat, M. Macron a proposé de rendre obligatoire, pour tous les étudiants, six mois d’études à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus

Pour l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers en mobilité et la création d’un « Erasmus de la francophonie »

Le mardi 27 janvier, France Stratégie, institut de conseil dirigé par Jean Pisani-Ferry et rattaché au Premier Ministre, a rendu un rapport intitulé « investir dans l’internationalisation de l’enseignement supérieur ». Il y préconise principalement de passer à une tarification au coût complet des études pour les étudiants étrangers en mobilité. Cette mesure permettrait de dégager, selon le rapport, 850 millions d’euros par an. Le rapport émet deux réserves : les étudiants communautaires (ressortissants d’un pays de l’Union européenne) et les étudiants en doctorat ne seraient pas concernés.

L’UE et l’espace Schengen, des conditions nécessaires pour les échanges universitaires ?

Les dernières élections européennes ont montré une forte poussée des partis souverainistes à travers toute l’Europe. Partisans du retour à des frontières nationales, pourfendeurs de l’Union européenne et défenseurs d’une Europe de la coopération, les mouvements eurosceptiques comme le Front National en France, le Parti Populaire au Danemark ou le UKIP en Grande-Bretagne inquiètent les milieux universitaires. Suite à l’acceptation en février dernier du peuple suisse de l’initiative « contre l’immigration de masse », l’Union européenne a immédiatement agité le spectre de sanctions et suspendu la Suisse du programme d’échanges universitaires Erasmus. Si l’on en croit les tenants de l’ultralibéralisme et de la libre-circulation totale des individus, la souveraineté nationale serait incompatible avec Erasmus.

Les étudiants suisses privés d’ERASMUS+, la contre-attaque européenne

À la suite du référendum du mois de février 2014 et la décision du peuple Suisse de limiter l’immigration de masse par l’instauration de quotas, la Commission européenne a choisi en représailles de priver les étudiants suisses du dispositif d’échanges universitaires ERASMUS+ à la rentrée académique prochaine. En 2011 ce programme européen avait permis l’inscription de 2 612 étudiants suisses dans une université de l’Union européenne (dont la Suisse n’est pas membre). Dans le cas inverse, on recensait 2 673 étudiants européens inscrits au sein du système d’enseignement supérieur suisse, dont on rappelle que quatre des universités figurent dans le top 100 du classement mondial (Classement de Shangaï, 2013).