Le Handicap ; nos différences sont nos richesses !

Deux millions de nos compatriotes bénéficient de la reconnaissance officielle du statut de personne en situation de handicap.

Passée cette froide identification administrative, nous réalisons bien vite que nous parlons avant tout de réalités humaines concrètes.

Lorsque nous croisons un de nos compatriotes en situation de handicap dans la rue, nous ne savons pas que 80% de ces deux millions de Français ont un niveau inférieur au Baccalauréat, et qu’ils connaissent 20% de chômage, soit quasiment le double de la population globale.

Nous ne savons pas non plus que les personnes en situation d’Handicap doivent vivre avec une allocation bien inférieure au seuil de pauvreté (revenus inférieurs à 840 euros ou 1 000 après impôts et prestations sociales), s’ils ne peuvent la compléter avec un autre revenu.

Pour lutter contre ces inégalités flagrantes le Parlement a adopté, en 2005, une loi dite sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette timide avancée législative a quelque peu amélioré le quotidien des jeunes en situation de handicap à l’école et à l’université.

Depuis cette date le nombre d’étudiants en situation de handicap a effectivement doublé. L’État verse désormais près de 7,5 millions d’euros par an aux établissements pour qu’ils puissent, d’une part financer des aides individuelles, et d’autre part se lancer dans la mise en place de dispositifs structurels.

La Charte Université Handicap, signée en 2012, avait pour ambition de sécuriser la continuité des parcours vers l’emploi des étudiants en situation de handicap. Les acteurs de l’Enseignement Supérieur ont été largement mis à contribution dans la réalisation des dispositifs établis par la Charte.

Les pouvoirs publics ont enfin compris que l’entrée dans le marché de l’emploi ne peut résulter que d’une plus grande coordination entre les acteurs ; universités, employeurs et associations, doivent travailler ensemble à l’insertion professionnelle de l’étudiant.

La politique actuelle pour les personnes handicapées repose sur trois éléments fondamentaux.

Tout d’abord, il s’agit d’instaurer une nouvelle approche du handicap. Il devrait être envisagé comme une réalité ordinaire. Le Handicap n’est rien d’autre que la rencontre entre les déficiences dont une personne est porteuse et un environnement plus ou moins adapté. Plus l’environnement est adapté, moins la personne est naturellement entravée par son handicap. Le travail atour de l’accessibilité des personnes handicapées, pousse à la mise en place de politiques publiques et donc à la normalisation de celles-ci. À ces politiques publiques d’accès s’ajoute la mise en place de réponses sociales, qui consistent en une compensation adaptée des incapacités dont une personne peut être marquée.

Bien que le travail autour de l’accessibilité des personnes handicapées ait amélioré la mise en place de politiques publiques d’accès, les réponses sociales doivent changer dans leurs perceptions. En effet, elles doivent consister en une compensation des incapacités qu’une personne peut subir. Cela permettra une meilleure considération et intégration des personnes handicapées dans notre société.

Le plan d’accompagnement de l’étudiant handicapé (PAEH), comporte des mesures d’aménagement pouvant porter sur l’organisation du cursus, sur les aides humaines et/ou sur les aides techniques à mettre en place pour favoriser le bon déroulement des études, des épreuves aux examens et aux concours, des stages et des activités liées aux divers aspects de la vie étudiante. La mise en œuvre des différentes mesures du plan fait l’objet, au cours de l’année universitaire, d’un suivi permettant d’effectuer les éventuels réajustements nécessaires.

Cependant le taux d’étudiants handicapés inscrits dans un établissement d’Enseignement Supérieur plafonne à 20% ; comment expliquer ce décrochage ? Tout d’abord, il y a bien eu une augmentation du nombre d’étudiants handicapés ; 4 000 en 1999, 16 000 en 2014. En revanche, il faut reconnaitre que les ambitions portées par le PAEH se voient grandement limitées par un manque cruel de moyens financiers et humains. En 2015 pour l’ensemble des étudiants en situation de handicap, seulement 5,3% bénéficiaient d’un accompagnement (auxiliaire de vie).

De plus les étudiants en situation d’handicap ne sont que très minoritairement intégrés aux autres étudiants en situation de « cours ». Les trois quarts bénéficient d’un plan d’accompagnement pour le suivi des études, un tiers d’entre eux disposent d’une aide humaine et 80% bénéficient d’un aménagement des modalités de passation d’examen. Ces différences de traitement, nécessaires à la réussite, participent à la mise à l’écart de l’étudiant en situation d’handicap. Le taux d’étudiants handicapés inscrits en 3e cycle est certes de 76%, mais de 18% fin master et 1% en doctorat.

Par ailleurs les étudiants handicapés sont inégalement présents dans les différentes filières en fonction de leur handicap ; par exemple, les étudiants handicapés présentant des troubles auditifs sont surreprésentés dans les formations de Lettres Sciences Humaines et Sociales et les formations en IUT et fortement sous-représentés dans la filière droit, sciences économiques, gestion et les formations paramédicales. Les étudiants handicapés présentant des troubles visuels sont surreprésentés dans les filières de formations Lettres Sciences Humaines et Sociales, paramédicales et staps et sous-représentés en santé et en DUT. Enfin, les étudiants handicapés présentant des troubles du langage et de la parole sont sous-représentés en santé, staps et en droit, sciences économiques, gestion et très fortement surreprésentés en DUT.

Nous pouvons parler, ici, de « choix subi » plutôt que « choisi » ; c’est à dire que la nature même du handicap détermine là où l’étudiant peut aller et non veut aller.

Au regard de toutes ces difficultés, les politiques doivent enfin prendre leurs responsabilités. Marine Le Pen est la candidate qui se refuse à tomber dans un regard uniquement compassionnel pour les personnes en situation de handicap, car notre candidate défend la promotion du droit à l’indifférence.

Tout d’abord, Marine Le Pen souhaite revaloriser l’AAH de 200 euros, en désindexant son montant des revenus du conjoint, pour permettre à nos compatriotes handicapés de vivre dans la dignité.

La dépendance financière est souvent mal vécue pour celles et ceux qui veulent s’en sortir ; la solidarité nationale doit leur donner cette chance. Pour Marine Le Pen qui considère que les étudiants sont les forces vives de la nation de demain, il convient d’intégrer tous les étudiants.

Elle s’engage donc à imposer un taux de 6% d’embauche de personnes en situation d’handicap dans les entreprises. De plus, Marine Le Pen imposera l’amélioration de l’accessibilité aux filières universitaires et professionnelles pour une réelle égalité des chances.

Convaincue que nos compatriotes en situation de handicap peuvent participer au développement et rayonnement du génie Français, Marine Le Pen souhaite mettre en place des moyens pour aider les personnes handicapées à créer leur entreprise, car l’intelligence de la main ne peut être fermée à eux. Le handicap n’est pas une fatalité. Il ne peut être non plus un frein.

Pour Marine Le Pen nos différences sont nos richesses.

La société française telle qu’elle la conçoit, encouragée par actuellement plus de 8 millions d’électeurs, s’enrichira de ces différences.

Daniel AUGUSTE,

Président du Collectif Marianne.