Caution locative étudiante : oui mais…

           Le gouvernement et la secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et la recherche Mme Fioraso ont annoncé la généralisation de la caution locative étudiante (CLé) permettant ainsi à tout étudiant ne disposant pas de cautionnaires et sous certaines conditions, de bénéficier d’une garantie de l’Etat et d’être dispensé du paiement du dépôt de garantie.

Si ce dispositif va dans la bonne direction, on peut cependant regretter plusieurs choses.

Tout d’abord, il serait bon de rappeler au gouvernement que la recherche d’un logement étudiant ne se fait pas après la rentrée, mais avant… Ce dispositif pensé à la hâte pour pallier les conséquences de la révision de la loi Duflot arrive bien trop tard pour bon nombre d’étudiants qui ont soit déjà signé un bail soit renoncé à en chercher. De même, l’encadrement des frais d’agence n’interviendra qu’au 15 septembre 2014. Le timing n’est décidément pas le souci premier de l’exécutif.

Avec la CLé, le gouvernement ne s’attaque pas au mal profond du logement étudiant (et en général d’ailleurs) : les loyers des villes universitaires sont exorbitants en raison de la saturation du marché immobilier liée à une explosion de la demande (avec la « massification universitaire ») sans que l’offre de logement n’augmente.

Les aides aux logements ne sont que des rustines, en réalité « capturées » par les propriétaires qui en profitent pour augmenter le montant du loyer. Le législateur, à travers la loi Duflot, a cru bon de mettre des bâtons dans les roues des (futurs) propriétaires, complexifiant inutilement les transactions immobilières et conduisant à un fléchissement dramatique des mises en chantier et donc de l’offre de logement.

Cependant, il s’agit encore une fois d’un enfumage, et personne dans le milieu des syndicats universitaires ne dira qu’en réalité le vrai problème est européen,  et que la construction en logement baisse dans toute la zone euro en raison d’une politique monétaire absurdement restrictive de la BCE, et des politiques gouvernementales d’austérité contractant l’activité. Ce qui conduit à dissuader l’investissement en logement, en raison du risque et de la morosité économique.

Le gouvernement aurait dû se substituer (au moins en ce qui concerne le logement étudiant) aux carences du marché en accroissant l’offre de résidences étudiantes. Au lieu de cela, l’exécutif, qui avait annoncé en grande pompe un « plan 40 000 » (prévoyant la mise en chantier de 40 000 logements étudiants durant le quinquennat), ne tiendra pas ses promesses. Aujourd’hui, seuls 8500 logements ont été bâtis.

48% du budget des étudiants passe dans logement (55% en île-de-France), alors que l’offre de logement Crous ne satisfait que 9% de la demande et le gouvernement ne trouve rien de mieux que de ralentir la cadence !

Enfin, ce dispositif restera peu convaincant pour bon nombre de propriétaires qui préféreront toujours un dossier avec « cautionnaires sérieux » plutôt qu’une garantie étatique.