Au sujet de l’écriture « inclusive »

Le Collectif Marianne s’inquiète du phénomène grandissant de « l’écriture inclusive » et du manque de clarté du gouvernement sur cette question.

L’usage est supposé faire la règle, c’est pourquoi nous estimons que la couverture médiatique offerte à un sujet si lointain des préoccupations actuelles des français ne saurait se justifier; et met au jour les problématiques cruciales de sélection et de hiérarchisation de l’information, qui ne peut et ne doit être réduite à un statut de marchandise comme les autres.

Ce projet dangereux n’est qu’une lubie de quelques militants qui ne représentent qu’eux-mêmes. La dissymétrie entre la réalité sociale effective du phénomène et sa couverture médiaticogouvernementale révèle la puissance de feu démesurée d’un système coalisé et totalitaire.

Pourquoi le ministère de l’éducation Nationale fait-t-il actuellement rédiger ses circulaires en écriture inclusive alors que son ministre a pourtant fait savoir son hostilité à l’écriture dite « inclusive » par voie médiatique ? Nous nous inquiétons de voir se confirmer maintenant aux responsabilités la stratégie de doublelangage, de « en même temps » déjà adoptée pendant la campagne présidentielle. Sur une question aussi cruciale que la langue, premier fondement de l’unité nationale, nous ne saurions accepter des postures aussi ambiguës et exigeons une clarification. Le très grand littérateur R. Barthes nous dit que « tout anti-intellectualisme primaire finit ainsi dans la destruction du langage, c’est à dire dans la destruction de la sociabilité ».

Le jeu dangereux auquel s’adonne le gouvernement, soit flatter tour à tour tous les électorats potentiels sans exprimer de position tranchée, menace cette fois le langage dans son unité. Cette scission potentielle de la langue nous conduira inéluctablement à une communautarisation langagière. Combien de temps s’écoulera-t-il avant qu’une communauté ne prenne le pas sur l’autre et que les élèves qui refuseront de se soumettre à ce nouvel ordre ne soient sanctionnés ? Nous considérons que la mission de l’école est de transmettre les savoirs fondamentaux et non pas de devenir une officine de relai idéologique.

Le virage déjà initié par la transformation du ministère de l’Instruction Publique en ministère de l’Éducation est dangereux et menace aujourd’hui l’unité de la langue, ipso facto de la nation.

C’est pourquoi nous prions instamment le Président de la République E. Macron ainsi que les membres de son gouvernement de clarifier leur position à ce sujet, en soutenant notamment la déclaration de l’Académie Française dont la légitimité se trouve attaquée de toute-part; et de condamner avec la plus grande fermeté les initiatives isolées des professeurs ayant choisi d’enseigner « l’écriture inclusive » à leurs élèves, ainsi que la distribution aux élèves de manuels rédigés de la sorte.

Jordane Perez

Délégué National